Les définitions du community management 1/3

Le community management selon les experts en recrutement

Les experts en recrutement ont progressivement intégré le terme community manager dans leurs guides et fiches métiers. C’est le cas notamment du cabinet Michael Page et de l’Apec qui proposent chacun leur définition de ce nouveau métier.

Ils formalisent ainsi son rôle :

Pour le cabinet de recrutement Michael Page, au regard de sa définition, il semblerait que le community manager ne soit pas indépendant et que son rôle soit davantage opérationnel et orienté vers le marketing. Plus en détail, pour ce cabinet, ses missions touchent à l’e-reputation (veille des conversations, des forums, etc.), l’animation de la blogosphere, la prise de parole au nom de la marque, la création de ses espaces communautaires (sur Facebook et Twitter notamment) et la création de contenus à y publier et à viraliser. Le rôle du community manager apparaît très marqué par le marketing et également orienté vers les relations blogueurs. Ainsi, celui qui occupe ce poste doit posséder des connaissances marketing et web 2.0 approfondies, être à jour sur les technologies Internet et avoir d’excellentes aptitudes rédactionnelles dans la mesure où il se situe au centre des échanges entre les différents pôles marketing de l’entreprise. Il s’agit en définitive d’un profil hybride entre marketing et journalisme, et dont la rémunération annuelle s’évalue entre 30 000 et 65 000 euros. Dans ce dernier cas, le community management affiche des responsabilités et une séniorité évidentes malgré ce premier abord très opérationnel.

Dans la définition de l’Apec, l’apparence opérationnelle se confirme mais sans être rattachée à un département particulier. D’autre part, lorsqu’on étudie dans le détail leur définition (sans doute l’une des plus exhaustives disponibles), celle-ci met en avant des aspects bien plus stratégiques et souligne les particularismes de ce métier là où la définition de Michael Page est plus généraliste. Il y aurait donc ici non pas un community manager, mais plusieurs selon les domaines et marchés où ils opèrent, les thématiques qu’ils abordent, ou encore les plateformes qu’ils ont à leur charge. On parlera alors notamment de « zones d’influence » pour évoquer ces spécialisations.

De même, l’Apec distingue le fait que le community manager peut être rattaché dans son entreprise à la communication ou au marketing, ce qui influera sur ses objectifs. Ces derniers pourront également différer selon que le community manager travaille seul ou fait partie d’une équipe (par spécialisation par exemple). L’Apec met donc en avant le fait que les entreprises peuvent avoir plus d’un community manager ou même des équipes de community managers alors même que le community manager est le plus souvent représenté comme un.

L’association note par ailleurs que deux écoles s’affrontent : l’une où prévalent les profils juniors et l’autre où se sont les seniors qui assurent le community management. Dans cette dualité, elle relève que les postes B2C et orientés communication seront occupés par des juniors tandis que les postes B2B, davantage marketing, seront occupés par des seniors (mués en « technico commerciaux »).

Dans tous les cas, l’Apec met en avant, en premier lieu, la nécessité de posséder des connaissances approfondies des communautés gérées (culture, codes, langage). La stratégie et les réflexions sur les dispositifs de communication qui en découlent (afin de les adapter au mieux à la population visée) sont par conséquent plus poussées. Toute l’animation repose en effet sur cette connaissance préalable de la communauté en question. De plus, la planification et le suivi, tout comme l’archivage et la mesure sont prépondérants dans les missions du community manager. Et outre les communautés, la connaissance et la veille technologiques des outils et plateformes sont aussi primordiales.

De manière générale, à la lecture de la définition de l’Apec, les missions du community manager semblent toucher des sphères davantage micro sociologique, plus conversationnelles et one to one. D’ailleurs, côté opérationnel, les tâches concernent aussi la modération, le support, ainsi que le recueil et le relai des feedbacks exprimés par les membres de la communauté. Et au-delà de l’animation, à un niveau plus global, le community manager peut parfois se muer en chef de projet et ainsi intervenir sur les modes de recrutement par exemple.

Ainsi, les compétences du community manager concernent un large spectre de qualifications : sur les thématiques abordées, la technique, la veille, la mesure, le webmarketing. Le poste est ouvert aux titulaires de Bac+2 à Bac +5 dans les domaines des sciences humaines avec spécialisation en communication online, ou en provenance d’écoles de commerce, de communication, de journalisme, de marketing ou encore de relations publiques. A l’instar de Michael Page, l’Apec relève une échelle de rémunération entre 30 000 et 60 000 euros annuel ce qui illustre d’autant mieux la diversité des profils ainsi que l’hétéroclisme entre juniors et seniors. De plus, l’Apec note aussi que ce poste reste aujourd’hui très ouvert aux autodidactes également.